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Mon plus gros regret : avoir collectionné des outils au lieu de les utiliser

mai 10, 2026
Atelier bois avec outils neufs inutilisés, exprimant le regret de ne pas les avoir utilisés

Ce samedi matin, j’ai ouvert le tiroir du bas de ma coiffeuse et je suis restée un moment sans rien faire. Devant moi : un gua sha en quartz encore sous blister, deux rouleaux de jade dont un au manche déjà oxydé, un set de ventouses de massage facial jamais sorti de sa boîte, une brosse drainante sèche, un roller à microbilles dont la bille ne tournait plus. Une dizaine d’outils de soin accumulés en deux ans, presque tous neufs, et cette odeur un peu plastique de matériel qui n’a jamais servi. Mon plus gros regret, ce n’est pas de ne pas avoir pris soin de ma peau : c’est d’avoir collectionné ces outils au lieu de les utiliser.

le jour où j’ai compris que ça ne servait à rien

Tout a commencé par de bonnes intentions et beaucoup de vidéos. À chaque routine vue en ligne, son accessoire : un outil pour le contour de l’œil, un autre pour le drainage des mâchoires, un troisième pour « réveiller l’éclat ». J’achetais l’objet en me disant que, cette fois, il structurerait mon rituel. J’ai confondu posséder le geste et faire le geste.

Le déclic est venu un soir où je voulais enfin tester le rouleau de jade acheté six mois plus tôt. Je l’ai sorti du tiroir, le manche avait pris un voile terne, la pierre était tiède et poisseuse de poussière. Je l’ai passé deux fois sur la joue, sans conviction, et je l’ai reposé. Le geste sonnait faux parce qu’il n’était relié à aucune habitude réelle.

C’est là que le doute s’est installé : est-ce que j’allais continuer à accumuler ces objets en espérant qu’un jour ils déclencheraient une routine ? En touchant ces outils inutilisés, j’ai ressenti surtout de la gêne — celle d’avoir cru qu’un accessoire de plus remplacerait la régularité que je n’avais pas.

la facture qui m’a vraiment fait mal

J’ai fini par tout poser sur la table et faire les comptes, ce que j’avais soigneusement évité jusque-là. Sur environ deux ans : onze accessoires de soin, entre 12 et 70 euros pièce, pour un total proche de 320 euros. Sur ces onze, trois avaient servi plus de deux fois. Les huit autres, soit près de 70 %, n’avaient quasiment jamais quitté leur boîte.

Le pire, c’est l’état de ce matériel dormant. La bille du roller ne tournait plus, bloquée par un résidu de sérum séché. Le manche métallique d’un rouleau présentait des points de corrosion là où l’humidité de la salle de bain avait travaillé. Les ventouses en silicone avaient légèrement jauni et perdu de leur souplesse, sans avoir servi une seule fois.

Au-delà de l’argent, il y a eu un coût plus sournois : le temps perdu à chercher le bon accessoire dans un tiroir saturé, la sensation d’échec à chaque ouverture, et ce petit poids mental de la dépense inutile. 320 euros, ce n’est pas une fortune ; mais 320 euros pour entretenir une culpabilité, c’est cher payé.

ce que j’aurais dû faire avant d’acheter tous ces outils

Avec le recul, la méthode tient en une phrase : partir du geste, pas de l’objet. Avant tout achat, j’aurais dû me demander à quel moment précis de ma routine il s’insérerait, et l’essayer trois semaines avec ce que j’avais déjà — mes mains suffisent pour un effleurage de drainage — avant d’investir dans l’accessoire dédié.

  • Tester le geste 3 semaines à la main avant d’acheter l’outil.
  • Un seul accessoire à la fois, intégré à un créneau fixe.
  • Ranger à l’air sec, essuyer après chaque usage (le métal pique vite en salle de bain humide).
  • Refuser les sets complets : on n’utilise jamais les cinq pièces.

Côté entretien, j’ai compris pourquoi ce matériel s’abîmait sans servir : les manches en alliage rouillent au contact de la vapeur d’une salle de bain mal aérée, et le silicone non utilisé se rigidifie et jaunit à la lumière. Un outil de soin n’est pas inerte ; le laisser dormir, c’est aussi le laisser vieillir.

aujourd’hui je fais tout autrement et ça change tout

J’ai gardé deux outils, deux seulement : le gua sha en quartz et un rouleau froid. Le reste, je l’ai donné ou recyclé, sans nostalgie. Depuis, ils vivent posés à côté de ma crème du soir, visibles, à portée de main, reliés à un moment précis : trois minutes après le démaquillage, pas plus. Un objet qu’on voit et qu’on a placé au bon endroit finit par servir.

Pour qui se reconnaît dans ce tiroir trop plein : l’erreur n’est pas d’aimer ces accessoires, c’est de croire qu’ils créent une routine à votre place. On avance ensemble, sans stress — mais en partant du geste, et d’un seul à la fois. Mon plus gros regret reste cette collection figée à 320 euros ; ma meilleure décision, c’est de l’avoir réduite à deux.

écrit par

Éléonore Valmont

Éléonore Valmont publie sur le magazine Calme Luxe et Volupté des contenus consacrés à la beauté, aux routines de soin et au bien-être du quotidien. Son approche met l’accent sur la clarté, la structuration des informations et des repères utiles pour mieux comprendre la peau, les gestes essentiels et les pratiques inspirées de l’univers spa.

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